Bonjour Tristesse...
Des mots et des idées. Et c'est tout. Vous présenter des choses que j'ai aimées, que j'ai écrites. Rien de bien ambitieux, peut-être un peu d'outrecuidance. C'est tout. Seulement en apparence. Parce que la vie est sale. C'est une tristesse éternelle. Parce que l'Homme est parfois assez fou pour préférer goûter pendant la totalité son existence, de son temps, et même après, à la souffrance causée par les sentiments, plutôt que tenter d'entrevoir un possible bonheur. Il est normal de vouloir vivre avant de survivre. Parce que les sentiments et la raison forment une ambivalence qui détruit l'âme humaine, décéption après décéption, instant après instant, dans la nuit...
Il me restera (JJG)
Il me restera de la lumière / Il me restera de l’eau, du vent / Des rêveries sucrées, d’autres amères / Et le mal au cœur de temps en temps / Il me restera des souvenirs / Des visages et des voix et des rires / Il me restera du temps qui passe / Et la vie, celle qui fait mourir // Il me restera ces choses qu’on amasse / Sans y penser, sans compter, sans savoir / Quand on vit fort, on vit sans mémoire / Mais elle prend des photos sans qu’on sache
Guitare...
Une lumière bleue qui vient lentement. Une fumée qui se lève, au dessus de nos pas si lourds, dans la nuit, sur le béton. Plus rien ne bouge quand c'est l'heure bleue. Il est tard, ce soir. C'est presque demain. Plus que quelques heures... Et puis, une montée de guitare, une étincelle qui s'allume doucement, là-bas, au fond de la scène, un son qui monte, et une étincelle dans la nuit, qui scrute les âmes qui attendent. Un accord et tout va sauter...
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19-07-2006 Livres
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... La mélancolie du dimanche

Christine Orban. La mélancolie du dimanche. (Albin Michel)

 

Les dimanches ne sont pas des jours comme les autres. Surtout quand une jeune femme retrouve la lettre perdue de l'homme qu'elle a aimé, dix ans auparavant. Se débarrasse-t-on jamais des histoires inachevées ? Ce roman met en scène une protagoniste qui, tout le long de l'ouvrage, hésite à ouvrir la lettre d'une personne si chère à ses yeux... Pas d'action dans ce livre où c'est la poésie qui mène la danse pour exprimer le mal-être de certains quand arrive le jour du repos.

Voilà. Indiana est une femme d’une trentaine d’année. Heureuse. Elle a un travail qui lui plait, un mari, et une petite fille qu’elle aime. Tout va bien. Seulement, ce dimanche matin-là, elle est seule chez elle. Son mari et sa fille sont sortis. Au cinéma notamment. Alors voilà. Elle traîne en pyjama. Elle décide de faire un peu de rangement. Et puis elle tombe sur cette lettre. Cette lettre qu’elle n’a pas osé ouvrir. Seulement le coin de l’enveloppe à peine déchiré. Elle n’avait pas osé l’ouvrir, il y a dix ans, cette lettre de Jules. C'était un dîner au restaurant. Tout s’était très bien passé. Et puis le soir, en rentrant chez elle, elle avait sentie que c’était la dernière fois. La dernière fois qu’ils se voyaient. Elle ne sait pas pourquoi d’ailleurs. Tout était comme d’habitude. Elle avait vécu trois ans avec Jules. C’était bien. Elle ne sait toujours pas pourquoi ça n’a pas marché. La réponse est peut-être dans cette lettre. Oui, mais elle n’ose pas l’ouvrir. Elle a peur du secret que peut contenir l’enveloppe. Indiana va donc passer tout le dimanche assise par terre, dans ce couloir sombre, la lettre dans la main, à ne pas oser l’ouvrir et à se remémorer ces souvenirs qui remontent à plus dix ans, maintenant. Elle s’est mariée. Elle aime Christian, son mari. Mais elle se souvient de Jules. Voilà. Le dimanche d’Indiana. Unité de temps dans ce roman. C’est bien. Il n’y a pas d’action. Juste des souvenirs. De la mélancolie. C’est un très beau livre. Indiana se souvient de ces rencontres furtives. Ces deux rencontres et la troisième qui n’a finalement pas eu lieu. Ces choses qu’elle soupçonnait et cet homme qu’elle n’a finalement pas cessé d’aimer. Depuis le premier jour. Pendant ces dix ans, elle a vécu heureuse, en aimant Jules. Son mari n’existe plus. La question n’est pas de savoir si elle l’aime quand même ou non. Elle l’aime. Mais Jules est de ces personnes que l’on a aimée et que l’on a quittée sans trop savoir pourquoi, qui laissent un souvenir impérissable, mais tellement douloureux. Ne pas pouvoir s’empêcher de penser qu’ils auraient pu être heureux ensemble. Et puis Indiana repense aussi à sa Grand-Mère aussi, avec qui elle a une complicité extraordinaire. Elle lui raconte absolument tout, d’ordinaire. Sa Grand-Mère n’aimait pas trop Jules. Qu’importe. Elle ne lui en parlera pas cette fois-ci. Elle lui aurait dit de ne pas ouvrir la lettre. Que c’était une source d’ennui, qu’on ne remue pas le passé. Sa Grand-mère lui aurait demandé de contrôler ses sentiments. Mais on ne peut pas contrôler les sentiments de quelqu’un qui aime. Alors Indiana ne parle pas de ça à sa Grand-Mère. Pour une fois dans sa vie, elle la met hors du jeu. Elle hésite. Tout le long du livre, elle hésite. Que faire ? Ouvrir la lettre ? Appeler Jules, qui habite à quelques minutes de marche de chez elle ? Finalement, elle optera pour la seconde solution. Elle saura alors ce que contenait la lettre. Elle rencontrera Jules, en croisant son mari et sa fille dans l’escalier qui rentrent du cinéma. Elle dira qu’elle va voir sa Grand-Mère. Et la rencontre furtive avec Jules...

Un livre sans action. Une immense poésie en prose. Des souvenirs, des souvenirs, des souvenirs. La nostalgie d’un passé qui ne deviendra plus jamais futur. La mélancolie du dimanche. Tout est beau dans ce texte de Christine Orban. Et puis une petite interrogation sur l’amitié, aussi. Est-on un bon ami lorsqu’on a passé sept ans de sa vie à écouter sans se confier ? Un livre à découvrir absolument. J’ai hésité plusieurs mois avant d’acheter ce livre et j’ai hésité plusieurs semaines avant de le lire. Et en deux nuits, fini. Faut dire que 185 pages en format de poche, c’est pas la mort. Mais découvrez ce livre dans lequel Christine Orban explore les finesses du sentiment féminin, et même humain. La nostalgie, le souvenir d’un amour inachevé, encore présent, mais désormais impossible. Séparés par l’incompréhension, par la peur. Séparés par la vie. Il n’y a que le temps qui n’a pas fait mourir ce qui les unissait autrefois. Mais le reste… Le reste a fermé ces portes qui auraient pu s’ouvrir, sur un simple geste qu’elle n’a pas fait dix ans plus tôt. 

« Je me souviens, le cœur serré, avoir pensé à lui quand Christian me passa la bague au doigt et de me l’être reproché. Mais c’était ainsi. Il était là et pas là. »

 

« Pourquoi étais-je si sévère avec moi ?

Pour me protéger, répond la raison.

S’empêcher de vivre, est-ce une façon intelligente de se protéger ?

Quel autre moyen ? »

 

« Ne prends pas le risque des mots qui marquent au fer rouge. »

 

« Mieux vaut le doute à la sinistre réalité, à des mots hypocrites ou mauvais qui resteront pour toujours gravés dans ta mémoire. Le doute, c’est la fenêtre ouverte. Le possible. »

 

Parce que l’Homme est assez fou pour parfois préférer l’amour au bonheur… La narratrice a fait l'inverse. Elle a choisi le bonheur et a renoncé à l'amour. C'est un livre horrible. Il fait mal. Il réveille ces choses enfouies au plus profond de nous. Ces choses que l'on ne voulait pas extraire de leur sommeil réparateur. De leur sommeil qui masquait la douleur réelle par des rêves. Mais c'est beau. C'est agréable. Aimer un livre qui fait mal. On est un peu maso, quand on est lecteur.

On y voit obligatoirement un peu de soi-même, un peu de vécu. On s'y reconnait forcément. On reconnait au moins les sentiments. Ici, ce n'est pas l'auteur qui donne au lecteur, mais le lecteur qui donne à l'auteur, parce qu'on se reconnait dans ce livre, on comprend. Oui, on comprend. Et la compréhension est le plus beau cadeau qu'un être humain puisse faire à un autre. Je ne dirai pas la fin...


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19-07-2006, 01:51:59 Vie, je te veux. Je t'ai toujours voulue. J'ai pas le mode d'emploi...


Commentaires
20-07-2006, 23:57:50
ha oui mais non hein...
Comment je fais moi à 23h52 pour aller l'acheter ce livre ? heiiin ? !!! Ca a l'air top. merci ! <br>J'espère que l'auteur est aussi doué que toi...mhaaa quel compliment !!! et zou dans la popoche le Etienne... <br>Sérieusement, je découvre ton blog (celui-ci) et j'aime cette expression simple et magnifique à la fois. Je rêverais d'avoir ce don... <br>Ca m'énerve quand on veut bien écrire et qu'on se croit obligé d'utiliser des mots que seuls 2 pelés connaissent pour épater. <br>Soit, pour mon début sur ton blog, je m'y sens bien... heuuu pour le mien, c'est franchement plus léger comme ambiance mais tu y as ri !!! C'est le principal... <br>Bonnne continuation et certainement à très bientôt !
La p'tite
20-07-2006, 22:45:20
Merci pour vos comm's
Merci pour tous vos commentaires qui me font vraiment plaisir. Mais Cam, je suis certainement passé sur ton blog, mais duquel parles-tu ? T'as pas écris ton adresse. Etonnée que je sois un mec... Je sais pas comment je dois le prendre... lol. Allez, comme un compliment (ça m'arrange lol). <br>Et on ne se moque pas pour l'histoire des fOtes lol ;) <br>Merci à toutes et à tous.
http://motsnouveaux.skynetblogs.be
Etienne, moi, l'auteur de ce blog
20-07-2006, 21:18:31
:)
Merci pour nous avoir fait découvrir ce livre qui a l'air d'être vraiment bien ! <br> <br>Pour les histoires d'amour... Elles sont toutes inachevées que ce soit pour l'une ou l'autre des deux personnes concernées ou pour le couple-même ! Elles sont inachevées pour la personne qui se fait quitter et qui espérait beaucoup plus de cette relation, qui voyait un avenir à ce couple ! Elle l'est pour le couple même s'ils se quittent d'un commun accord, ça peut arriver je pense !!
http://metalfanatik.mabulle.com
Betty
20-07-2006, 20:27:44
Merci !
... de ton passage... de la sensibilité de tes écrits... je ne devrai pas dire ça, mais j'ai été étonnée que tu sois de la gente masculine... ça fait du bien... joli blog, que je reviendrai visiter (je relis.... pas de fôtes... c'est bon j'envoie... ;) huhu !)
Cam'
20-07-2006, 15:30:08
**
jen'aime pas le dimanche... <br> <br>merci de nous faire découvrir des livres, des films... <br> <br>bises et merci de ta présence, tes comm's sont importants à mes yeux
http://savethelastdance.canalblog.com/
save
19-07-2006, 21:59:04
oh oui!
ça donne envie de lire ce livre... Je crois que toutes les histoires d'amour sont inachevées... On ne saura jamais ce qui se serait passé si... Il est très rare qu'il y en ait une qui dure toute la vie. J'essaie d'y croire... Bonne suite!
http://titemel.skynetblogs.be
Titemel
19-07-2006, 18:24:51
Ce livre à l'air...
Ce livre à l'air vraiment bien, surtout si c'est la poésie qui mène la danse... <br>Ton blog et vraiment bien, continue ainsi...
http://greeneyes.canalblog.com
florette33

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 La nuit du Paradis Vivre 
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Les mots éclairent les éternelles nuits de brouillard froid et givrant
Je ne sais pas pourquoi je crée ce blog. Je n'ai pas spécialement envie de partager. Simplement pour vous, ceux que j'aime. C'est tout. Je n'ai rien à dire ni rien à montrer. Rester enferré dans la nuit comme on peut s'embourber dans la mort. Parce que le bonheur est un jour, et non un but. Cultiver l'art de la tristesse, encore et toujours, et écrire. Ecrire. Oui. Ecrire des mots et des phrases. Des épithètes qui précisent, qui confirment, qui structurent. Des mots qui vivent. Des mots qui touchent, qui font l'émotion. Les mots. Si on avait prédit qu'on serait malheureux, personne ne nous aurait cru... Aimer la vie. Essayer de l'aimer. Même si elle ne nous le rend pas toujours, il ne faut pas être rancunier avec la vie. C'est pas comme les amis. On n'en a qu'une. Bon voyage.
Citations
"Un livre est comme un grand cimetière où sur la plupart des tombes on ne peut plus lire les noms effacés" (Proust) "C'est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles" (Anouilh, dans 'Antigone', Ismène à Antigone) "Tant que l'Etat existe, pas de Liberté ; quand régnera la Liberté, il n'y aura plus d'Etat" (Lénine) "Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnait et qui la frappe a toujours tort" (Mitterrand)
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